Le MOYEN ÂGE
La chanson de geste
- Genre guerrier (pas de courtoisie)
- Décor : champ de bataille
- Femme/amour absents
- Intérêt historique
Lisons un extrait de la Chanson de Roland où l'on décrit la trahison de Ganelon
« Beau sire Ganelon, a dit le Roi Marsile,
Je vous ai traité avec quelque légèreté
Quand, par fureur, je voulus vous frapper.
Je vous en fais réparation avec ces peaux de zibeline.
Elles valent plus de cinq cents livres en or,
Vous les aurez avant demain, c’est une belle compensation. »
Ganelon répond : « Je ne les refuse point :
S’il plaît à Dieu, qu’il vous rende la pareille ! »
« Ganelon, dit Marsile, tenez pour vrai
Que j’ai le désir de vous aimer très vivement.
Je veux vous ouïr parler de Charlemagne.
Il est bien vieux, il a usé son temps,
Il a plus de cent ans, que je sache.
Il a promené son corps par tant et tant de pays.
Il a reçu tant de coups sur son écu à boucle !
Il a réduit à mendier tant de riches souverains !
Quand donc sera-t-il las de batailler ainsi ? »
Ganelon répond : « Charles n’est pas fait ainsi.
Pas un de ceux qui le voient et qui ont appris à le connaître
Qui ne vous dise que l’Empereur est un vrai baron.
Je ne saurais assez l’estimer ni le priser,
Car nulle part, il n’y a plus d’honneur et de bonté
Qui pourrait dire quel est son vrai courage ?
Dieu l’a entouré d’une si radieuse vertu !
J’aimerais mieux mourir que quitter son baronnage. »
Le païen dit : « Je suis tout émerveillé
De ce Charlemagne qui est vieux et chenu :
Il a bien, que je sache, deux cents ans et plus.
Il a peiné de son corps par tant de royaumes,
Il a reçu tant de coups de lances et d’épées,
Il a réduit à la mendicité tant de puissants rois.
Quand donc sera-t-il las de batailler ainsi ?
— Cela ne sera pas, dit Ganelon, tant que vivra son neveu :
Sous la cape des cieux, il n’y a pas un chevalier comme lui ;
Son compagnon Olivier est son rival en prouesses.
Les douze Pairs, tant aimés de Charlemagne,
Composent l’avant-garde avec vingt mille chevaliers,
Charles est tranquille, il n’a personne à craindre. »
Le païen dit : « C’est grande merveille pour moi
Que ce Charlemagne qui est blanc et chenu.
Il a bien, que je sache, plus de deux cents ans.
Par tant de terres, il a été en conquérant !
Il a reçu tant de coups de bons épieux tranchants !
Il a vaincu en bataille de si riches rois !
Quand donc sera-t-il las de batailler ainsi ?
— Cela ne sera pas, dit Ganelon, tant que vivra Roland.
Il n’y a pas de pareil baron d’ici en Orient.
Son compagnon Olivier est aussi plein de prouesse.
Les douze Pairs, que Charles aime tant,
Composent l’avant-garde avec vingt mille Francs.
Charles est tranquille, il ne craint homme vivant. »
« Beau sire Ganelon, dit le Roi Marsile,
Mon peuple est tel que vous n’en verrez pas de plus beau :
Je puis avoir quatre cent mille chevaliers
Pour combattre contre Charles et ses Français. »
Ganelon répond : « Ce n’est pas cette fois que vous les vaincrez.
Vous ferez une grande perte de vos païens.
Abandonnez cette folie, et tenez-vous-en à la sagesse.
Donnez tant d’argent à l’Empereur
Qu’il n’y ait point de Français qui n’en soit émerveillé.
Au prix de vingt otages, que vous lui enverrez,
Le Roi Charles retournera en douce France.
Il laissera derrière lui son arrière-garde :
Son neveu, le comte Roland, s’y trouvera, je crois,
Et avec lui le preux et courtois Olivier.
Si vous avez confiance en moi, les deux comtes sont morts.
Charles verra tomber son grand orgueil,
Et n’aura plus jamais envie de vous faire la guerre. »
« Beau sire Ganelon, dit le Roi Marsile,
Comment m’y prendre pour tuer Roland ?
Ganelon répond : « Je saurai bien vous l’apprendre.
Le Roi se trouvera aux meilleurs défilés de Sizre,
Il aura placé derrière lui son arrière-garde.
Là sera son neveu, le superbe comte Roland,
Et Olivier, qui a toute sa confiance.
Envoyez-leur cent mille de vos païens ;
Que ce premier corps leur livre bataille,
La gent de France sera blessée et mise à mal.
Je ne dis pas pour cela qu’il n’y ait grand massacre des vôtres.
Livrez-leur de même une autre bataille.
De l’une ni de l’autre Roland ne pourra se tirer.
Vous aurez accompli là un brillant fait d’armes.
Et vous n’aurez plus de guerre de toute votre vie. »
« Qui pourrait faire périr Roland là-bas
Ferait perdre à l’Empereur le bras droit de son corps.
Les merveilleuses armées de France y resteraient,
Charles ne rassemblerait plus de telles forces ;
Toute l’Espagne demeurerait en repos. »
Quand Marsile l’entend, il le baise au cou,
Puis il commence à ouvrir ses trésors.
La littérature courtoise
- Prouesse (habile au combat)
- Largesse (fait preuve de générosité)
- Loyauté (envers sa dame et son seigneur)
- Courtoisie (entièrement soumis à sa dame)
- Quête
- Amour courtois (souvent le but de la quête)
- Présence importante de la femme
- Le merveilleux (dragons, fées, géants, etc.)
Voilà la légende de Tristan et Iseut
La Poésie lyrique
- Produite par les troubadours (sud)
- La poésie lyrique est au service du sentiment amoureux
- Variante sarcastique de la poésie lyrique : le thème de l''amour est présenté avec ironie (dénonce avec humour la tentation amoureuse comme la tentation mène l''être humain à sa perte
La littérature satirique
- But : faire rire (comique);
- Souvent grivois ou vulgaire (présente les défauts des hommes);
- Met souvent en scène des animaux (un peu le même principe que les «Fables» de La Fontaine);
- Plusieurs courtes histoires indépendantes les unes des autres.
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