Joachim Du Bellay

Publié le par Marika Fumagalli

L'OLIVE

Ces cheveux d'or

 

Ces cheveux d'or sont les liens, Madame,
Dont fut premier ma liberté surprise
Amour la flamme autour du cœur éprise,
Ces yeux le trait qui me transperce l'âme.

Forts sont les nœuds, âpre et vive la flamme,
Le coup de main à tirer bien apprise,
Et toutefois j'aime, j'adore et prise
Ce qui m'étreint, qui me brûle et entame.

Pour briser donc, pour éteindre et guérir
Ce dur lien, cette ardeur, cette plaie,
Je ne quiers fer, liqueur, ni médecine :

L'heur et plaisir que ce m'est de périr
De telle main ne permet que j'essaie
Glaive tranchant, ni froideur, ni racine.

LES REGRETS

Le lien principal entre Georges Brassens et Joachim Du Bellay est la célèbre chanson de Brassens intitulée "Heureux qui comme Ulysse".
  • L'inspiration : La chanson, sortie sur l'album La Tondue en 1970, est directement inspirée par le célèbre sonnet homonyme de Du Bellay, tiré du recueil Les Regrets (1558), et en cite l'incipit.
  • L'adaptation : Bien que Brassens soit connu pour avoir mis en musique des poèmes de divers auteurs (Villon, Hugo, Verlaine, etc.), sa chanson n'est pas une mise en musique littérale de l'intégralité du sonnet de la Renaissance. Il s'agit plutôt d'une évocation et d'un hommage, où Brassens développe ensuite son propre texte pour créer une ballade mélancolique et personnelle sur le voyage et le retour au pays, avec des références à sa région natale, la Camargue.
  • La reconnaissance : Cette appropriation poétique et l'appréciation générale de Brassens pour la poésie classique et moderne lui ont valu le Grand Prix de Poésie de l'Académie française en 1967.
Georges Brassens a rendu hommage à Joachim Du Bellay dans sa chanson "Heureux qui comme Ulysse", adaptant librement l'ode de la Renaissance de Du Bellay "Quand vous serez bien vieille" et son idée de lieu enchanteur (locus amoenus), célébrant le retour sur sa terre (la Camargue) et la simplicité, tout comme Du Bellay exaltait son Liré et la Loire, opposant la vie simple et vraie au luxe et au chaos de Rome (le Tibre).
Le Parallèle : Du Bellay au XVIe siècle louait sa terre natale, Liré, et le fleuve Loire, les préférant à Rome. Brassens, au XXe siècle, fait de même avec sa chère Camargue, la préférant aux pays exotiques visités lors de ses voyages.
Le Retour à la Terre Natale : Les deux artistes expriment la joie du retour à la maison et la valeur de leur propre terre, un thème central dans l'œuvre de Du Bellay et repris par Brassens.
Le Thème de la Liberté : La chanson de Brassens, bien qu'étant un hymne à la liberté et à la simplicité de la vie en Camargue, se connecte idéalement à l'exaltation par Du Bellay de la vie tranquille et "gauloise", loin des corruptions du "Tibre latin".
Citation Directe : Brassens reprend la structure et l'esprit de "Heureux qui comme Ulysse", qui est une exclamation rappelant l'idée de bonheur, tout comme l'invocation de Du Bellay, bien qu'adaptée à son contexte moderne et personnel.
En résumé, Brassens a rendu un hommage vibrant à Du Bellay en s'inspirant de son vers le plus célèbre pour composer l'une de ses chansons les plus connues.
 

Publié dans Personnages

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