STENDHAL

Publié le par Marika Fumagalli

Un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l’azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. Et l’homme qui porte le miroir dans sa hotte sera par vous accusé‚ d’être immoral ! Son miroir montre la fange, et vous accusez le miroir ! Accusez bien plutôt le grand chemin où est le bourbier, et plus encore l’inspecteur des routes qui laisse l’eau croupir et le bourbier se former.

Stendhal, Le Rouge et le Noir, éd. le Livre de Poche, 1983, chap. XIX (« L'Opéra Bouffe »), p. 392

Le syndrome de Stendhal 

(Syndrome de Florence)

Quand l'émotion est trop forte, elle devient dangereuse: c'est alors que l'émotion dépasse la raison.

La société bouleverse Julien Sorel de la même façon que l'art bouleverse Stendhal.

Mais Stendhal n'a pas pas étudié seulement l'émotion devant l'art; il a aussi analysé l'émotion dans la vie! En effet, Julien contrôle-t-il ses émotions? Faudrait-il apprendre à les contrôler?

Syndrome de Stendhal

Julien Sorel

Émotion artistique

Émotion sociale

Beauté excessive

Ambition excessive

Vertige physique

Vertige moral

Perte de contrôle

Conflit intérieur

Chapelle de la Croce di Giorno de Volterra
Chapelle de la Croce di Giorno de VolterraChapelle de la Croce di Giorno de Volterra

Chapelle de la Croce di Giorno de Volterra

J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber...

Rome, Naples et Florence, 1826

C’est ce qui est arrivé à Stendhal, lors d’un séjour en 1817 à Florence, où il visite la Basilique Santa Croce et admire les fresques maniéristes peintes par Baldassarre Franceschini, surnommé le Voterrano.

Dans son récit autobiographique “Rome, Naples et Florence”, l’écrivain français relate cette expérience hors du commun.

C'est quoi?

Selon Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste et psychothérapeute, le syndrome de Stendhal est en effet caractérisé lorsque “le sujet développe alors une admiration sans borne pour l’œuvre d’art, et qu’une impression de ‘sublime’ finit par le déborder émotionnellement”.

C'est une crise d'angoisse associée à de la tachycardie, car être exposé à de telles oeuvres d'art peut provoquer une forte réaction psychosomatique. Parmi les symptômes les plus courants, l’on trouve des pleurs, de l'euphorie, des délires, des hallucinations et des vertiges, une suffocation, une accélération du rythme cardiaque, mais aussi une vision trouble et une perte du sentiment d’identité. Dans certains cas, le syndrome de Stendhal peut même entraîner une forme d’hystérie et la perte de connaissance.   

Ce n’est qu’en 1989 qu’une psychiatre, l’Italienne Graziella Magherini, cheffe du service de psychiatrie de l’hôpital Santa Maria Nuova du centre historique de Florence, caractérise ce syndrome. Elle observe et décrit plus de 100 cas similaires parmi des touristes en visite dans ce berceau de la Renaissance, et relate ses conclusions dans un livre.

Depuis, le syndrome de Stendhal, également appelé syndrome de Florence, est entré dans le langage courant, et a même fait l’objet de représentations cinématographiques. Dans le film La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino, sorti en 2013, un Japonais meurt littéralement d'un syndrome de Stendhal, après avoir vu Rome et ses merveilles historiques.

CONCLUSION: J'ai voulu montrer que chez Stendhal l'émotion est à la fois une richesse et un risque, dans l'art comme dans la société.

Publié dans Personnages

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